1re Biennale · 2010

Je change, tu t'en rends compte ?

1re Biennale d'art des enfants et des jeunes d'Istanbul
Affiche de la Biennale 2010 : « Je change, tu t'en rends compte ? », 25 novembre – 25 décembre 2010 ; lieux et logos des partenaires
Visuel : Archives de la Biennale

Concept

Tandis que la vie s'écoule sans cesse à travers des chaînes de changements aux dimensions multiples, certains d'entre nous parviennent à s'adapter sainement à ces vents nouveaux et à y accorder le développement de leur personnalité. D'autres, en revanche, restent bloqués dans des schémas de perception figés et mènent une existence plus ou moins statique.

Les premiers n'ont sans doute pas été privés, pendant leurs années de croissance, de la possibilité de s'exprimer librement et de façon créative. Même si les traits de leurs dessins partaient de travers, ils avaient autour d'eux des proches qui suivaient et soutenaient leurs efforts avec amour, respect, attention et compréhension… En explorant librement les sujets qui les intéressaient, en se trompant parfois à plusieurs reprises et en recommençant, ils ont pu découvrir et apprivoiser leurs propres possibilités et leurs limites. Ils sont ainsi devenus des personnes dotées de confiance en soi et d'une personnalité forte. Les autres, au contraire, n'ont pas eu l'occasion de chercher, de découvrir, de développer et d'expérimenter, faute d'avoir autour d'eux quelqu'un avec qui partager leur curiosité. Parfois, on lui achetait des jouets tout faits en lui recommandant d'« être sage et raisonnable ». Puis il est allé à la crèche, et un jour, en classe, sa mère lui a dit : « Regarde, mon fils, comme Ahmet a bien travaillé ! Pourquoi tu n'y arrives pas, toi ? » Après cela, croyez-vous qu'il restait la moindre envie à notre petit !…

Il devient un adulte qui, toujours habité par un sentiment d'insuffisance, se plaint : « De toute façon, je n'ai aucun talent, je ne sais même pas tracer un trait droit ! », et rejoint l'« armée » des autres adultes qui se lamentent comme lui. Cela signifie que les critiques irréfléchies et humiliantes reçues dans l'enfance, chaque fois qu'il produisait quelque chose d'un peu bancal, ont laissé des traces enfouies au plus profond de sa personnalité, car son cœur avait été blessé une fois pour toutes…

À côté de ces portraits, il existe aussi une catégorie de parents qui mettent leur enfant en avant avec aplomb : « Mon enfant est très doué. Il fait des caricatures formidables ! », par exemple… Une fois une telle annonce faite, on attend de l'enfant qu'il se montre à la hauteur de l'image qu'on a donnée de lui. Sinon, ses parents ne seront-ils pas déçus ?

Ce sont là quelques-unes des histoires que l'on rencontre souvent. La première personne, la plus chanceuse, est plus rare que les autres, car c'est un individu à part entière. La situation de la deuxième est un peu différente : elle se débrouille dans la vie, bien sûr, mais on aurait aimé qu'elle soit plus forte, plus heureuse, plus sûre d'elle et plus entreprenante… Quant à la dernière, sa tâche n'est pas facile non plus, car elle doit en permanence répondre aux attentes des autres !…

Comme nous avons tenté de le montrer plus haut, une « éducation artistique » véritablement de qualité peut, entre autres bienfaits, contribuer au développement d'une personnalité forte. On peut pourtant dire que la place et l'importance de cette matière, dont le nom même de « cours de dessin » restreint la portée, restent insuffisamment reconnues à côté des autres disciplines techniques.

Et puis nous, les adultes, imposons parfois, allez savoir pourquoi, à nos enfants et à nos jeunes nos propres jugements de valeur, souvent chargés de stéréotypes sur les normes de beauté, et nous attendons d'eux qu'ils copient les modèles que nous avons choisis. Celui qui sait bien imiter reçoit des éloges, et son travail finit même accroché au mur. Les autres en concluent : « Moi, de toute façon, je n'ai pas de talent. » De telles méthodes restrictives, encore appliquées ici et là, peuvent-elles vraiment transmettre la confiance en soi, cette qualité dont on a le plus besoin tout au long de la vie ?

Les enfants et les jeunes sont les premiers touchés par les changements, parfois inquiétants, qui traversent leur environnement, la société et le monde dans lesquels ils vivent. Outre la transformation du corps avec l'âge, qui constitue à elle seule un processus à part, ils peuvent aussi subir les effets de changements progressifs, ou parfois soudains, qui bouleversent leur quotidien. Tout au long de cette croissance intense, enthousiaste, parfois contradictoire et douloureuse, les beaux-arts sont, à condition de respecter l'individualité de chacun, la voie par excellence pour exprimer ce qu'ils ressentent / pensent de ce qui se passe dans leur monde intérieur.

Que peuvent-ils ressentir lorsqu'ils arrivent, de temps à autre, à différents « carrefours » ?… C'est en lien avec ce type de questionnements que le concept de cette toute première Biennale d'art des enfants et des jeunes en Turquie a reçu son nom : « Je change, tu t'en rends compte ? »

Venus de différentes régions de notre pays, les participants de cette Biennale, portés par le regard grand ouvert que leur donne la jeunesse, nous entrouvrent leurs portes et nous invitent dans leur univers de perception. Si l'art est une sorte de « magie » capable de déclencher les processus psychodynamiques de l'individu, alors les « langages » des traits tracés, des couleurs qui coulent, de l'argile pétrie et des blocs taillés deviennent les confidents des enfants et des jeunes, et partagent avec nous leurs désirs, leurs inquiétudes et leurs joies. Et l'effet de ces rouges, de ces jaunes qui enveloppent leur moi intime ?!… Peut-être nous emmèneront-ils en visite sur les places rêvées d'immensités sans limites, où nous n'avons plus mis les pieds depuis notre propre enfance.

La grande diversité des tranches d'âge représentées à la Biennale est une belle occasion pour le public : les œuvres reflètent les caractéristiques très variées de chaque âge. Dans l'exposition, on découvrira des ensembles dynamiques nés au fil d'un « flux organique » qui donne à voir des manières de raconter très différentes, de 4 à 18 ans. On y trouve des travaux d'expression spontanée. On pourra aussi y découvrir des œuvres issues d'ateliers, fruits de méthodes de travail à la fois libres, disciplinées et méthodiques : réflexion (questionnement), mise en pratique des connaissances acquises, recherche et conception, réalisation et évaluation.

C'est avec fierté que nous vous présentons cette Biennale, soutenue par le ministère turc de l'Éducation nationale, où les enfants et les jeunes font entendre leur « voix ».

Sonja Tanrısever, commissaire, septembre 2010

Commissaires : Sonja Tanrısever, Esra Çelikkanat, Maria Sezer

Commissaires

  • Maria Sezer

    Commissaire

  • Leyla Sakpınar

    Commissaire

  • Esra Çelikkanat

    Commissaire

  • Gazi Selçuk

    Commissaire

  • Sonya Tanrısever

    Commissaire

  • Özcan Yurdalan

    Commissaire

En chiffres

320écoles
5.500œuvres d'élèves
3.400enseignants et adultes ont participé à des formations, rencontres et ateliers
20.000élèves de districts défavorisés accueillis à la Biennale
65.000visiteurs

Calendrier

  1. 25 Kasım 2010Ouverture
  2. 25 Aralık 2010Clôture

Soutiens

Fondateur

  • PALETDER — Palet Kültür Sanat ve Eğitim Derneği

Secteur public

  • T.C. Milli Eğitim Bakanlığı
  • İstanbul 2010 Avrupa Kültür Başkenti
  • TCDD – Türkiye Cumhuriyeti Devlet Demiryolları

Collectivités locales

  • İstanbul Büyükşehir Belediyesi

Partenaires de la société civile

  • TEGV – Türkiye Eğitim Gönüllüleri Vakfı

Lieux partenaires

  • Sanat Limanı

Partenaires médias

  • TRT
  • NTV