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La Turquie a besoin de nouvelles générations créatives

Gazi Selçuk, directeur fondateur de la Biennale, évoque la place de la créativité dans l'éducation et les objectifs de la Biennale (2016).

Photo : Archives de la Biennale

Main peignant un visage au pinceau sur une table d'atelier couverte de peintures et de matériel
Photo : Archives de la Biennale

Pour Gazi Selçuk, directeur de la Biennale d'art des enfants et des jeunes d'Istanbul, bon nombre des problèmes de la Turquie tiennent au fait que chacun n'exploite pas suffisamment son potentiel créatif. Il souligne qu'aujourd'hui, la nouvelle génération qui développe les hautes technologies est en train de changer le monde, et que, pour que cette évolution ait lieu aussi en Turquie, il faut soutenir les enfants et les jeunes.

Président du conseil d'administration de l'Association Palet pour la culture, l'art et l'éducation (PALETDER) et directeur fondateur de la Biennale d'art des enfants et des jeunes d'Istanbul, Gazi Selçuk rappelle que la Biennale entend non seulement soutenir les jeunes qui créent, mais aussi contribuer à l'émergence de la nouvelle génération créative dont la Turquie a besoin. Constatant que, dans le monde actuel, la nouvelle génération créative qui produit les hautes technologies transforme le monde et contribue largement au développement social et économique, il insiste sur le fait que l'art est le terrain le plus propice pour révéler les talents créatifs en germe.

Rappelant que le savoir scientifique naît de l'expérimentation et le savoir artistique de l'intuition, il souligne combien il est vital, pour découvrir les talents dans ces deux domaines, de faire émerger la créativité des enfants et de les orienter vers la création artistique. Soulignant que la Turquie se classe économiquement parmi les pays à revenu intermédiaire, Gazi Selçuk estime que, pour sortir rapidement du « piège du revenu intermédiaire » dans lequel nous sommes enfermés depuis de longues années, il faut soutenir les talents créatifs des jeunes sur tous les terrains.

Éveiller la créativité de la jeune génération

Gazi Selçuk explique que, si le concept de la 4e Biennale d'art des enfants et des jeunes d'Istanbul, organisée cette année du 19 avril au 23 mai, s'intitule « Service réveil, bonjour ! », c'est parce que les enfants et les jeunes nous réveillent face à l'environnement, à la guerre, au réchauffement climatique, aux migrations, aux groupes défavorisés et à bien d'autres sujets, et qu'il s'agit de réveiller tout le monde, de 7 à 77 ans, à l'innovation, domaine dans lequel la Turquie a pris du retard.

Il précise que TEGV, partenaire institutionnel de la Biennale, a fait parvenir à la Biennale les œuvres d'enfants scolarisés en Anatolie, et le Kızılay (Croissant-Rouge turc) celles d'enfants syriens vivant dans des camps de réfugiés ; sur les 1 600 projets artistiques élaborés par les 150 000 enfants et jeunes mobilisés, 450 ont été retenus pour la Biennale. Au total, la Biennale présente les travaux artistiques de 10 000 enfants : peinture, sculpture, céramique, installation, vidéo et nouveaux médias.

  • La Biennale a reçu 1 600 projets conçus par plus de 150 000 enfants et jeunes.
  • Parmi eux, 450 projets réalisés par 11 000 élèves sont présentés à Antrepo 1 et au MKM Beşiktaş Çağdaş, sur 3 200 m² d'espace couvert.
  • Le programme de la Biennale prévoit 245 ateliers, rencontres, concerts et spectacles, qui se déroulent comme prévu.
  • À la semaine dernière, 45 000 personnes avaient déjà assisté ou participé à l'ensemble des événements.
  • Le mois prochain, la Biennale se rendra à Lefkoşa (République turque de Chypre du Nord, RTCN), puis à Hatay en octobre.

Note à la rédaction

Organisée cette année pour la quatrième fois par l'Association Palet pour la culture, l'art et l'éducation (PALETDER), la Biennale d'art des enfants et des jeunes d'Istanbul mène ses activités en partenariat institutionnel avec la direction provinciale de l'Éducation nationale d'Istanbul et la Türkiye Eğitim Gönüllüleri Vakfı (TEGV), et en collaboration avec plus de 60 acteurs privés, publics, collectivités locales et ONG, parmi lesquels la municipalité métropolitaine d'Istanbul (İBB), la préfecture d'Istanbul, les municipalités de Beşiktaş et de Beyoğlu, Akbank Sanat, les consulats de Suède et des Pays-Bas, le Yunus Emre Enstitüsü de la RTCN, Şişecam Cam Ambalaj, DASİFED, Bilgi Üniversitesi et Doğuş Üniversitesi.

La Biennale d'art des enfants et des jeunes d'Istanbul crée, à l'échelle mondiale, un espace de partage fondé sur le multiculturalisme et permet d'exprimer différentes géographies et cultures à travers le regard et l'esthétique de l'enfance. Les enfants et les jeunes, qui y trouvent l'occasion de créer dans de nombreux domaines, de la performance à la danse et de l'art vidéo à la sculpture, ouvrent aussi la voie à un véritable dialogue interculturel.

Enrichie par les expositions, concerts, événements et ateliers d'élèves appelés à devenir les créateurs et le public culturel de demain, la Biennale d'art des enfants et des jeunes d'Istanbul attire un large public d'écrivains, d'artistes, d'amateurs d'art, d'enseignants, d'élèves, de parents et de journalistes. Les éditions précédentes, organisées dans des lieux aussi variés que les ferries, les places, les gares, les entrepôts, les galeries et les musées d'Istanbul, ont accueilli 160 000 visiteurs.